Les membres de l'AC doivent être conscients des changements proposés à la Charte de la langue française du Québec (la "Charte") qui définit les exigences relatives à l'utilisation de la langue française dans la province, et de la façon dont ils peuvent nécessiter des changements aux marques de commerce existantes utilisées sur les produits de consommation finis. Cela devrait intéresser particulièrement les entreprises membres qui étiquettent des produits spécifiquement pour le marché québécois (ou canadien), ou qui utilisent une étiquette internationale (ou nord-américaine) pour gérer un stock unique.
Le projet de loi 96, qui modifie et renforce considérablement la Charte, a été présenté à l'Assemblée nationale du Québec en mai 2021. Le projet de loi en est maintenant aux dernières étapes du processus législatif et devrait devenir une loi ce printemps, avant les prochaines élections provinciales. Un amendement affectant spécifiquement les marques de commerce sur l'étiquetage des produits finis a récemment été ajouté au projet de loi à l'étape du comité et devrait devenir une loi.
Exigences actuelles de la Charte
Actuellement, les propriétaires de "marques reconnues" bénéficient d'une dérogation aux exigences relatives à la langue française. Ils peuvent afficher une marque dans une langue autre que le français, à condition que la marque soit légalement reconnue comme telle et qu'il n'y ait pas de version française enregistrée au Canada. Cette disposition s'applique à la fois à l'affichage public et à la publicité commerciale, ainsi qu'à l'emballage et à l'étiquetage des produits.
Cette exemption a permis aux marques d'inclure davantage de mots descriptifs sur le produit en anglais dans le cadre de la marque et donc de ne pas nécessiter de traduction. Cette utilisation élargie de l'exemption préoccupe le gouvernement du Québec, car elle répond à l'objectif de la Charte qui est de préserver l'usage de la langue française dans la province.
Le projet de loi 96 et les amendements proposés
Les membres de l'AC devraient noter les deux changements suivants :
1. Nouvelles règles pour l'exemption relative aux "marques déposées
L'amendement adopté en commission propose d'inclure dans le projet de loi 96 le texte suivant :
51.1 Malgré l'article 51, sur un produit, une marque de commerce enregistrée au sens de la Loi sur les marques de commerce (Lois révisées du Canada, 1985, chapitre T-13) peut être rédigée, même partiellement, uniquement dans une langue autre que le français, à condition que la marque soit enregistrée au sens de la Loi sur les marques de commerce (Lois révisées du Canada, chapitre T-13) et qu'aucune version française correspondante n'apparaisse au registre tenu en vertu de cette loi.
Toutefois, si un [mot ou phrase] générique ou une description du produit est inclus dans cette marque, il doit figurer en français sur le produit ou sur un support qui y est attaché de façon permanente.
Ainsi, l'inclusion dans la marque d'un mot ou d'une phrase générique, ou d'une description du produit, déclenchera l'obligation de traduction.
2. Interprétation de la notion de "marque déposée"
Aux fins de l'exemption, le terme "marque reconnue" a été interprété comme incluant les marques enregistrées ou ayant fait l'objet d'une demande d'enregistrement au Canada, ainsi que les marques de droit commun.
Selon le projet de loi 96 tel qu'il est rédigé, seules les marques "enregistrées" peuvent être utilisées dans une langue autre que le français. Cela remet en question - et peut-être élimine - l'application de l'exemption aux propriétaires de marques de droit commun ou de marques qui ont fait l'objet d'une demande d'enregistrement mais qui n'ont pas encore été enregistrées.
Préoccupation pour notre industrie - Calendrier de mise en œuvre et sensibilisation de l'AC
Comme les membres de l'AC le conseillent depuis longtemps, toute modification de l'étiquetage nécessite un délai important et il est préférable de l'entreprendre lorsqu'elle peut être incluse dans un calendrier régulier de modifications de l'étiquetage. Il est également important de prévoir un délai suffisant, ou une marge de manœuvre pour l'application de la législation, pour les ventes sur les marchés de détail primaires et parfois secondaires.
Bien que le projet de loi initial prévoyait une période de mise en œuvre de trois ans pour l'affichage public et la publicité commerciale, CA cherchera à obtenir une période de mise en œuvre tout aussi appropriée pour tout changement nécessaire à l'étiquetage des produits, en particulier avec les changements d'étiquetage actuellement proposés par Santé Canada pour les cosmétiques, les produits de santé naturels et les produits d'autosoins en général.
À cette fin, CA a retenu les services de M. Philippe Gervais, du bureau montréalais du cabinet d'affaires publiques Navigator, pour l'assister dans cette démarche. L'un des principaux objectifs est de donner suffisamment de temps pour intégrer toutes les modifications requises dans le cycle habituel de mise à jour/révision des étiquettes d'une entreprise, ainsi que de garantir une période de vente.
Veuillez faire savoir à CA si vous avez des questions ou des circonstances particulières qui devraient nous aider à sensibiliser le gouvernement du Québec.






