Le Canada et la Chine ont conclu un accord visant à résoudre une série de différends commerciaux qui ne cessaient de s'intensifier. Cet accord préliminaire, signé lors de la visite de Carney à Pékin en janvier, porte spécifiquement sur les barrières commerciales relatives aux véhicules électriques (VE) et aux produits agricoles. Il ne s'agit PAS d'un accord de libre-échange complet (qui violerait les termes de l'ACEUM/USMCA concernant les « économies non marchandes »), mais plutôt d'une « rectification » des récents différends commerciaux.
L'accord porte principalement sur des réductions tarifaires réciproques et l'accès au marché :
- Véhicules électriques (VE) : Le Canada autorisera l'entrée sur son marché d'un maximum de 49 000 VE fabriqués en Chine par an, à un taux tarifaire réduit de 6,1 %, annulant ainsi le tarif de 100 % imposé fin 2024. D'ici 2030, au moins 50 % de ces importations devront être des modèles « abordables » dont le prix est inférieur à 35 000 dollars.
- Agriculture et produits de la mer : En échange, la Chine réduira les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d'environ 84 % à 15 % d'ici le 1er mars 2026. Les droits de douane antidiscriminatoires seront également supprimés pour des produits tels que la farine de canola, les homards et les crabes, ainsi que les pois.
- Acier et aluminium : Le Canada prolongera jusqu'à la fin de 2026 son programme de remise des droits de douane pour certains produits chinois en acier et en aluminium qui sont en pénurie sur le marché intérieur.
- Objectifs futurs : Les deux pays visent à augmenter les exportations canadiennes vers la Chine de 50 % d'ici 2030.
Au-delà des droits commerciaux, le partenariat comprend plusieurs nouvelles initiatives :
- Voyages et culture : le président Xi Jinping s'est engagé à instaurer l'exemption de visa pour les Canadiens voyageant en Chine.
- Investissement : L'accord devrait encourager les investissements chinois dans des coentreprises canadiennes dans les secteurs de la construction automobile et des énergies propres.
- Sécurité : De nouveaux protocoles d'accord ont été signés afin de renforcer la coopération en matière de trafic de stupéfiants, de cybercriminalité et de sécurité alimentaire.
Cet accord a suscité une vive opposition tant au niveau international que national :
- Tensions avec les États-Unis : Le président Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 100 % sur tous les produits canadiens si le Canada allait de l'avant avec l'accord, qualifiant celui-ci de « désastre » et accusant le Canada de devenir un « port de débarquement » pour les produits chinois bon marché.
- Critiques nationales : Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, ont critiqué l'accord, affirmant qu'il menaçait les emplois dans le secteur automobile canadien et la sécurité nationale.
- Position du gouvernement : Le premier ministre Carney a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un accord de libre-échange complet (qui violerait les dispositions de l'ACEUM/USMCA concernant les « économies non marchandes »), mais plutôt d'une « rectification » des récents différends commerciaux.
Consultez le nouveau communiqué du gouvernement, les faits et les documents justificatifs ICI.






