Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a annoncé que son gouvernement remettrait des chèques de 200 dollars d'argent non imposable aux Ontariens au début de l'année 2025, en prévision de ce qui devrait être le déclenchement d'élections anticipées.
Le versement s'élèvera à un montant estimé à 3 milliards de dollars, qui devra être emprunté car l'Ontario accuse actuellement un déficit de 6,6 milliards de dollars pour l'exercice 2024-2025 (bien que ce chiffre soit légèrement inférieur au déficit de 9,8 milliards de dollars prévu dans le budget de printemps). Cela signifie que le versement représentera près de la moitié du déficit actuel de la province et devrait ajouter entre 100 et 150 millions de dollars aux frais d'intérêt annuels de l'Ontario à perpétuité.
Pour avoir droit au versement, le bénéficiaire doit être
- être âgé de 18 ans ou plus à la fin de l'année 2023
- être résident de l'Ontario le 31 décembre 2023
- avoir produit sa déclaration de revenus et de prestations pour 2023 au plus tard le 31 décembre 2024
- ne pas être en faillite ou incarcéré en 2024.
Les familles qui ont droit à une prestation canadienne pour enfants (PCCE) pour 2024 recevraient 200 $ supplémentaires pour chaque enfant admissible de moins de 18 ans, le paiement étant versé à la personne ou aux personnes qui reçoivent la PCCE. L'enfant doit être résident de l'Ontario. Les familles ne recevant pas la prestation de base communautaire auront la possibilité de suivre une procédure alternative. Quelque 12,5 millions d'adultes et 2,5 millions d'enfants devraient être éligibles, une famille de 4 personnes recevant 800 dollars.
Le premier ministre Ford a déclaré que "la taxe fédérale sur le carbone et les taux d'intérêt élevés continuent de nuire aux contribuables de la province" et que cette mesure "contribuera à réduire les coûts pour les familles ontariennes". Selon le site web du gouvernement du Canada, le Remboursement canadien pour le carbone (RCC) permettra à une famille de quatre personnes en Ontario (2 adultes + 2 enfants) de recevoir un total de 1 120 $ entre avril 2024 et janvier 2025 sous la forme de quatre versements trimestriels. Un supplément de 10 à 20 % sera ajouté pour certains résidents ruraux. Le chef de l'opposition fédérale, Pierre Poilievre, a promis d'éliminer la "taxe carbone" s'il est élu, ce qui supprimerait également ce remboursement.
Deux autres gouvernements provinciaux ont effectué des versements similaires au cours des dernières années. Le premier est également celui de l'Ontario : en 2000, le premier ministre Mike Harris a accordé un "rabais fiscal" de 200 dollars après que son gouvernement a dégagé un excédent budgétaire qui a permis de couvrir les coûts. Le second est celui du premier ministre Ralph Kline de l'Alberta qui, en janvier 2006, a versé une "prime de prospérité" de 400 dollars à chaque Albertain sur la base d'un excédent budgétaire de 6,8 milliards de dollars dû à l'augmentation des prix du pétrole et du gaz. Aucun des deux gouvernements n'a dû emprunter de l'argent pour effectuer ces versements. Bien que les bénéficiaires aient dépensé leur manne de manière différente, les détaillants des deux provinces ont enregistré une augmentation des ventes de produits de consommation à la suite de ces versements.
La question qui se pose aux vendeurs et aux détaillants de l'Ontario, y compris dans notre secteur, est la suivante : cette mesure entraînera-t-elle une augmentation inattendue des ventes pendant les fêtes de fin d'année (en attendant que les consommateurs reçoivent l'argent au cours de la nouvelle année) ou lorsque l'argent sera envoyé au début de l'année 2025 ? Ou même si cela se produit ? Une injection de 3 milliards de dollars d'argent emprunté n'est pas à dédaigner, mais il faudra en assurer le service dans le cadre de la dette provinciale pour les années à venir.






