Aucun animal ne devrait mourir au nom de la beauté... Et au Canada, ce n'est pas le cas !
Contexte
Humane Society International (HSI) a récemment lancé sa campagne "Save Ralph" dans le cadre de l'effort international visant à interdire l'utilisation de tests sur les animaux pour les produits cosmétiques dans les juridictions du monde entier. HSI est l'une des nombreuses organisations qui ont entrepris de tels efforts et qui ont été rejointes par de nombreuses sociétés de cosmétiques et leurs associations industrielles, y compris Cosmetics Alliance Canada.
En mars 2013, l'Union européenne a achevé d'interdire la vente dans l'UE de tout produit cosmétique ayant été testé sur des animaux, où que ce soit dans le monde. Grâce à l'adoption de cette interdiction et aux investissements considérables consentis depuis par l'industrie et les gouvernements pour soutenir le développement de modèles de tests alternatifs, l'industrie cosmétique internationale a déjà renoncé à l'expérimentation animale, y compris au Canada. En fait, le test sur les yeux de Ralph illustré dans la vidéo de HSI, connu sous le nom de test de Draize pour l'irritation des yeux, a été mis au point dans les années 1940, mais il a été remplacé depuis longtemps par des solutions de remplacement n'utilisant pas d'animaux.
Au Canada, la loi sur les aliments et drogues et le règlement sur les cosmétiques n'imposent pas aux fabricants d'effectuer des tests sur les animaux pour les produits cosmétiques, mais seulement de veiller à ce que les produits soient sûrs lorsqu'ils sont utilisés comme prévu. Les fabricants et les importateurs sont guidés par la "Liste critique" des ingrédients interdits et réglementés de Santé Canada. Cette liste a été élaborée et est régulièrement mise à jour par Santé Canada. Elle est basée sur des données et des évaluations provenant du Plan de gestion des produits chimiques du Canada, de nombreuses bases de données réglementaires, de la Cosmetics Ingredient Review et d'autres organismes de réglementation du monde entier.
Il existe cependant des juridictions dans lesquelles les réglementations en vigueur peuvent encore exiger l'utilisation de tests sur les animaux pour certains produits cosmétiques. C'est notamment le cas de la République populaire de Chine, qui exige de tels tests pour les produits cosmétiques importés. Ces tests sont inutiles puisqu'il existe des alternatives non animales. Toutefois, la Chine est en train de mettre en place une exemption permettant à l'autorité réglementaire du pays exportateur de délivrer un certificat de conformité aux normes de fabrication, éliminant ainsi l'obligation d'effectuer des tests sur les animaux. Cosmetics Alliance travaille actuellement avec Santé Canada et Affaires mondiales Canada pour s'assurer qu'un tel système de certification est en place pour les fabricants canadiens lorsque cette nouvelle réglementation entrera en vigueur.
La législation sur l'interdiction de l'expérimentation animale au Canada est presque adoptée !
L'obtention d'une interdiction légale des tests sur les animaux pour les produits cosmétiques au Canada renforcerait le mouvement au niveau mondial.
Après deux tentatives infructueuses d'adoption d'une telle interdiction par le biais d'un projet de loi d'initiative parlementaire déposé au Sénat, diverses parties prenantes, dont Cosmetics Alliance, sont parvenues à s'accorder sur les principes d'une telle interdiction au Canada, notamment sur la nécessité d'aligner nos règles sur celles de l'Union européenne. Il a également été convenu que les changements législatifs et réglementaires nécessaires devraient être initiés par le ministre de la Santé sous la forme d'un projet de loi gouvernemental. Cela garantirait un soutien suffisant pour l'adoption du projet et permettrait d'intégrer les détails techniques dans les complexités de notre loi sur les aliments et drogues et de notre règlement sur les cosmétiques.
Cette approche a été accueillie favorablement par le gouvernement. Cependant, avec la montée de la pandémie de COVID-19, les efforts pour faire avancer cette législation ont été mis en suspens car Santé Canada et le ministre de la Santé se sont concentrés sur la pandémie et ses priorités connexes. Cosmetics Alliance et les autres parties prenantes ont collectivement contacté le cabinet du ministre pour s'assurer que cette question reste à l'ordre du jour du ministre et qu'elle soit traitée dès que possible.
Compte tenu de tout le travail accompli à ce jour et de la cause commune défendue par de nombreuses parties prenantes, y compris l'industrie, Cosmetics Alliance souhaite s'assurer que cette initiative aille jusqu'à son terme et que le Canada soit ajouté à la liste croissante des pays qui ont officiellement adopté l'interdiction.
Importance du développement et de l'acceptation de méthodes alternatives à l'expérimentation animale
La clé de l'élimination de l'utilisation des animaux dans les essais est le développement de méthodes d'essai alternatives sans animaux ainsi que l'acceptation de ces méthodes par les autorités réglementaires responsables. Cela devrait s'appliquer non seulement aux cosmétiques, mais aussi à tous les produits de consommation, y compris les aliments, les médicaments, les produits de santé naturels, les produits ménagers, etc.
L'industrie cosmétique, qui a été l'une des premières à faire l'expérience d'une telle interdiction, est devenue un leader dans le développement et l'adoption de méthodes alternatives à l'expérimentation animale. L'engagement financier important de diverses juridictions telles que l'Union européenne, ainsi que celui de l'industrie et de la communauté scientifique, ont permis de mettre au point de nombreuses méthodes d'essai non animales pour évaluer l'innocuité et l'efficacité des produits. Le premier centre de recherche du Canada consacré exclusivement aux méthodes non animales - le Centre canadien pour les alternatives aux méthodes animales (CCAAM) et sa filiale, le Centre canadien pour la validation des méthodes alternatives (CCVAM), à l'Université de Windsor, en font partie.
Cosmetics Alliance, ainsi que nos collègues de l'industrie internationale, sont très engagés dans ce travail et ont organisé en juillet 2019 l'atelier scientifique intitulé "Principes d'évaluation des risques et leur application dans la prise de décision - un outil clé pour l'élimination de l'expérimentation animale". Cet atelier a rassemblé des dizaines de scientifiques internationaux et de régulateurs du monde entier, ainsi que des défenseurs de la protection des animaux, dont HSI.
Au fur et à mesure que des méthodes d'expérimentation alternatives à l'expérimentation animale sont mises au point et validées par les autorités de réglementation, le monde devrait s'attendre à une diminution de l'utilisation des animaux dans tous les domaines d'expérimentation, et pas seulement dans celui des cosmétiques !
Contact :
Susan Nieuwhof, snieuwhof@cosmeticsalliance.ca






