Mise à jour des membres du CA - Interdiction de l'expérimentation animale au Canada (lettre conjointe des parties prenantes)

Date de publication : 1-Décembre-2021

Suite au retour au pouvoir d'un gouvernement libéral minoritaire lors des récentes élections fédérales et à la nomination d'un nouveau ministre de la Santé, notre groupe de parties prenantes a adressé une lettre commune au nouveau ministre afin de réitérer notre demande visant à faire avancer les modifications législatives et réglementaires nécessaires à la mise en œuvre, au Canada, d'une interdiction des tests sur les animaux pour les produits cosmétiques.

Un élément nouveau est survenu depuis l’envoi de cette lettre conjointe au ministre : la consigne figurant dans la lettre de mandat du Premier ministre adressée au ministre de la Santé, qui lui demandait de « présenter un projet de loi visant à mettre fin aux essais sur les animaux ». Comme cette instruction ne se limitait pas aux « cosmétiques », cela laisse présager qu’une initiative politique majeure concernant les « essais sur les animaux » et s’appliquant à l’ensemble des essais de sécurité menés par Santé Canada – y compris pour les produits pharmaceutiques, les produits de santé naturels, les médicaments en vente libre, les denrées alimentaires, les produits de consommation en général, et pas seulement les cosmétiques – sera annoncée au cours de la nouvelle année.

Points clés

En attendant, comme vous pourrez le constater dans la lettre ci-jointe, notre groupe de parties prenantes :

  • Parmi eux figurent Cosmetics Alliance Canada, au nom du secteur, Cruelty Free International et son partenaire commercial The Body Shop, ainsi que Humane Society International et Animal Alliance of Canada avec leur partenaire commercial Lush ;
  • approuve et propose que l'interdiction canadienne « s'aligne sur les principes de l'interdiction de l'Union européenne et s'inscrive dans le cadre réglementaire canadien » ;
  • Demande que les modifications législatives et réglementaires nécessaires soient élaborées par Santé Canada « afin de garantir qu’elles soient applicables sur le plan administratif, qu’elles n’entraînent pas de conséquences imprévues et qu’elles bénéficient, en fin de compte, du soutien du gouvernement, ce qui est essentiel à leur adoption par le Parlement » ; et
  • Suggère que cette initiative soit intégrée à l'élaboration et à la mise en œuvre du projet de modernisation réglementaire de Santé Canada, connu sous le nom de « Cadre d'autogestion de la santé », ce qui, selon nous, constituerait le moyen le plus simple et le plus rapide de mettre en œuvre cette interdiction.

Nous avons également indiqué que les parties prenantes avaient travaillé ces dernières années sur divers aspects opérationnels, « dont bon nombre se retrouvent dans le projet de loi intitulé « Humane Cosmetics Act » actuellement examiné par le Congrès américain », et que nous étions disposés à en discuter plus en détail avec les collaborateurs du ministre.

Autres suggestions à l'intention du gouvernement

Outre ces informations, nous avons également proposé :

  • Le gouvernement envisage d'ajouter au préambule de la loi sur les aliments et les médicaments une disposition similaire à celle figurant dans la proposition récente d'amendement à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE), reconnaissant l'importance de « favoriser le développement et l'intégration en temps opportun » de méthodes et de stratégies alternatives ne recourant pas à l'expérimentation animale ;
  • Santé Canada publie et met régulièrement à jour une liste des méthodes et stratégies d'essais ne faisant pas appel à des animaux qu'il considère comme répondant à ses exigences ; et
  • Santé Canada examine l'ensemble de ses exigences légales et réglementaires pour lesquelles des essais sur les animaux sont actuellement requis – telles que le Règlement sur les jouets pris en application de la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation – afin de déterminer si elles sont toujours nécessaires. Ce dernier règlement prévoit des exigences spécifiques en matière d'essais sur les animaux pour les jouets, y compris les peluches (telles que les lapins en peluche utilisés par diverses organisations pour promouvoir l'interdiction des essais sur les animaux, ainsi que les « jouets » cosmétiques destinés à être utilisés par les enfants dans le cadre de leurs jeux).

Calendrier et attentes

Compte tenu du nombre important de dossiers sur lesquels le nouveau ministre devra être informé, ainsi que des exigences persistantes liées à la pandémie de COVID-19 et des inquiétudes suscitées par les nouveaux variants, il ne faut pas s’attendre à ce que cette question soit nécessairement une priorité pour le ministre. Nous espérons toutefois que, grâce à cette lettre et à nos démarches, le dossier sera confié à l’équipe chargée du cadre d’autogestion au sein du ministère, afin qu’elle collabore avec les parties prenantes pour faire avancer le projet d’interdiction.

Bien que des initiatives législatives spécifiques (à savoir des projets de loi d’initiative parlementaire) aient déjà été lancées à deux reprises, à commencer par un projet de loi d’initiative parlementaire au Sénat en 2015, cette approche ne s’est pas avérée fructueuse. Le projet de loi – rédigé sans la participation de Santé Canada, de son ministre ou du secteur privé – ne tenait pas pleinement compte des complexités de la Loi sur les aliments et drogues ni de l’initiative actuelle de modernisation du Cadre d’autogestion de la santé. Toutes les parties prenantes reconnaissent et s’accordent désormais à dire que le fait de confier à Santé Canada la rédaction des modifications législatives et réglementaires nécessaires garantira à la fois un système viable et, surtout, le soutien politique du ministre de la Santé et du gouvernement. De plus, comme les changements réglementaires et législatifs nécessaires à la mise en œuvre du Cadre d’autogestion font déjà partie du Plan de réglementation prospectif de Santé Canada, cette voie est probablement le moyen le plus rapide d’aller de l’avant.

Informer vos collègues au sein de votre entreprise – Ce que nous vous demandons

Si vous faites partie d'une entreprise internationale soucieuse de la mise en œuvre de l'interdiction des tests sur les animaux à l'échelle mondiale, nous vous prions de bien vouloir transmettre cette note et la lettre ci-jointe à vos collègues concernés au sein de votre entreprise afin de les tenir informés de l'état d'avancement de cette question au Canada.

Si vous avez des remarques, des questions ou si vous souhaitez obtenir de plus amples informations, n'hésitez pas à contacter Susan Nieuwhof (snieuwhof@cosmeticsalliance.ca).